Les laits de croissance améliorent les apports en fer des jeunes enfants

La carence en fer ou carence martiale du nourrisson est très fréquente, y compris dans les pays industrialisés. Il s’agit d’un réel problème de santé publique et des stratégies de prévention ont été instaurées pour y faire face. Chez les jeunes enfants, dont la croissance rapide nécessite d’importants apports, de nombreux travaux suggèrent que le déficit en fer est associé à des troubles du développement cognitif et émotionnel.

Les laits de croissance aident à couvrir les apports en fer recommandés

En France, la stratégie de prévention repose sur l’éducation parentale et la recommandation de consommation de laits enrichis en fer, dès l’arrêt de l’allaitement maternel. Entre 6 et 10-12 mois, il s’agit des « laits de suite », puis, entre 12 mois et 3 ans, des laits « de croissance » qui permettent de couvrir l’apport moyen recommandé à cet âge, de 5 mg/j de fer. Cette position est toutefois controversée. L’Autorité Européenne de Sécurité Alimentaire (EFSA) notamment recommande que les apports en fer soient assurés par une alimentation équilibrée. Une étude récente montrait cependant qu’à cet âge, dans les pays industrialisés, l’alimentation n’était pas souvent totalement équilibrée.

Plusieurs essais randomisés ont prouvé l’efficacité des formules enrichies en fer. Toutefois, leurs conclusions ne peuvent pas être extrapolées à la vie réelle, car les concentrations en fer dépendent en grande partie des habitudes alimentaires de chaque pays, des conditions socio-démographiques ou biologiques. C’est la raison pour laquelle une équipe française a mené une étude transversale baptisée « CARMA » incluant 561 enfants âgés de 2 ans, recrutés par des pédiatres de ville. Les apports alimentaires des enfants étaient notés pendant 3 jours non consécutifs et un dosage de la ferritinémie et de la CRP était réalisé.

La consommation de lait de croissance diminue le risque de carence en fer

Si l’on exclut les apports des laits de croissance, 63 % des enfants consomment moins de fer que les apports recommandés (5mg de fer par jour). En incluant les apports de lait de croissance, ils ne sont plus que 18 % à recevoir moins de fer que les recommandations. Ainsi, le lait de croissance permet d’atteindre les apports recommandés en fer pour 45 % des enfants qui ne les auraient pas obtenus avec l’alimentation diversifiée seule.

Le dosage de la ferritine sérique montre que 6,6 % des enfants présentent un déficit en fer (ferritine <12 µg/L). La consommation de lait de croissance est associée à un statut ferrique plus favorable et le bénéfice biologique se manifeste même pour une consommation relativement faible de lait de croissance, de l’ordre de 200 mL par jour, particulièrement quand elle est poursuivie dans la durée. Ainsi, le taux médian de ferritine à 24 mois est supérieur chez les enfants consommant encore du lait de croissance à cet âge (29 µg/L vs 21 µg/L).

Les données de l’étude CARMA confirment le bien-fondé de la stratégie nationale pour la prévention du déficit ferrique, basée sur la recommandation de consommation de lait de croissance après l’âge de 12 mois. Pour les auteurs de l’étude, les laits de croissance sont une solution simple pour supplémenter en fer les jeunes enfants, afin de leur permettre d’atteindre les besoins nutritionnels recommandés.